Note de transparence. Cette fiche est un cas représentatif anonymisé, construit à partir d’un pattern qu’on rencontre régulièrement chez les PME industrielles et de services B2B de 15 à 30 personnes. Aucun chiffre précis (heures économisées, % de réduction, durée exacte) n’est avancé pour ne pas extrapoler les données d’un client spécifique. Les éléments qualitatifs décrits correspondent à plusieurs missions réelles.
Le contexte
Une PME de 20 personnes environ, dans l’industrie ou les services B2B. Pas d’équipe technique en interne. La gestion opérationnelle s’est construite progressivement autour d’un fichier Excel central, devis, commandes, suivi de production, historique client, mots de passe parfois. Il pèse plusieurs dizaines de mégas, contient des onglets que plus personne ne sait expliquer, et plante de temps en temps.
À côté de cet Excel, un CRM en SaaS pour la prospection commerciale, un logiciel de comptabilité distinct, un outil de planning, un partage Drive pour les pièces jointes. Aucun de ces outils ne se parle. Une commande qui rentre dans le CRM doit être ressaisie manuellement dans l’Excel, puis dans la comptabilité, puis dans le planning. Quand la personne qui maîtrise l’Excel est absente, l’entreprise ralentit.
Le dirigeant sait que c’est un point de fragilité majeur, mais ne sait pas par où commencer. Recruter un développeur en interne n’est pas dans ses cordes : trop ponctuel pour justifier un salaire chargé à temps plein, trop critique pour être laissé à un freelance sans engagement.
Ce qu’on fait
On démarre par une feuille de route stratégique. Deux à cinq jours pour cartographier la stack telle qu’elle est, identifier ce que l’Excel porte vraiment (et qui le sait), et chiffrer honnêtement les options : tout migrer d’un coup, par modules, ou réduire la dépendance progressivement. Le livrable appartient au dirigeant, exploitable même si on ne continue pas ensemble.
Si la suite est signée, on conçoit un outil métier sur-mesure qui :
- Remplace les onglets critiques de l’Excel par une vraie base de données structurée, avec contrôles de cohérence et historisation des modifications.
- Se connecte aux SaaS existants via leurs API (CRM, compta, planning) pour supprimer la double saisie. Une commande créée dans le CRM remonte automatiquement dans l’outil métier, qui pousse à son tour la facture vers la comptabilité.
- Importe l’historique de l’Excel sans perte. On reconstitue les données, on les nettoie, on les contrôle en deux passes. Si quelque chose ne tient pas, on le dit franchement et on documente le risque.
- Forme un référent interne sur deux jours. Pas pour qu’il devienne développeur, mais pour qu’il sache modifier une règle métier (changer un seuil, ajouter une catégorie) sans nous appeler.
À la sortie, l’entreprise garde les sources, les accès, la documentation, et un référent interne qui sait faire évoluer les règles simples. Si elle veut nous reprendre dans un an pour la prochaine vague, elle peut. Si elle veut nous remplacer, elle peut aussi.
Ce que ça illustre
Le piège des PME de cette taille n’est pas un problème de logiciel, c’est un problème de dépendance. Dépendance à un fichier, dépendance à la personne qui le maîtrise, dépendance à des intégrations qui n’existent pas. Plus l’entreprise grandit, plus ce piège se referme.
La sortie de ce piège ne passe pas par un gros logiciel acheté à un éditeur lointain. Elle passe par un outil resserré, fait pour ce métier précis, qui se connecte à ce qui existe déjà. Et qui laisse la connaissance dans l’entreprise, pas chez le prestataire.
C’est ce qu’on fait régulièrement, et c’est exactement le format que la feuille de route stratégique permet de cadrer avant tout engagement.
À lire en complément : moderniser les outils legacy d’une PME et ce qu’est un CTO externalisé, les deux clés de ce pattern.