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TERRAIN 7

Trois jours dans la peau d'un CTO externalisé : carnet de mission

Pour démystifier ce qu'on fait au quotidien, voici le carnet de trois journées récentes, sans les noms. Pas une journée type, parce qu'il n'y en a pas.

Par Laurent

Une chose qui revient souvent dans les premiers échanges avec des prospects : « concrètement, vous faites quoi tous les jours ? ». La réponse est plus variée qu’on ne le croit, parce qu’un CTO externalisé jongle entre des contextes très différents selon les missions en cours. Voici le carnet de trois journées récentes, anonymisées par respect pour les clients, mais réelles.

Jour 1 : lundi, deux missions en parallèle

8h30, café. Lecture des mails reçus pendant le week-end. Un développeur d’une mission a posté un message tard dimanche soir sur un bug en production qu’il ne sait pas résoudre. Je lui réponds avec une piste à explorer ce matin. C’est le genre de moment où je m’aperçois que mon temps de réponse rapide vaut une partie de ce que je vends.

9h, point hebdo équipe A. Je suis en mission CTO chez un industriel depuis cinq mois. Une heure de point avec le directeur des opérations et l’équipe technique. On revoit l’avancement de la migration ERP, on arbitre deux questions de paramétrage qui restent ouvertes, et on cale les jalons des deux prochaines semaines. Je fais office d’interlocuteur unique entre la direction et les techniciens, ce qui économise des heures de réunions à tout le monde.

11h, appel commercial entrant. Une responsable marketing d’une PME me contacte pour un sujet d’IA. Vingt minutes pour qualifier : taille de l’entreprise, cas d’usage envisagé, niveau de maturité tech interne. Je conclus que leur besoin n’est pas un Pôle IA externalisé, c’est plutôt un freelance senior sur trois mois. Je leur recommande un confrère qui fait ça très bien. Pas de signature aujourd’hui, mais une relation honnête établie.

14h, mission B : rendez-vous physique. Deux heures sur site chez un éditeur SaaS pour qui je fais une mission de structuration tech (équipe de huit développeurs, croissance forte, dette technique). On passe en revue les recrutements en cours, on cadre la roadmap technique du trimestre, et on rédige ensemble une note pour le board.

17h, rédaction. De retour chez moi, j’écris un compte-rendu pour la mission A et je rédige un draft de spec technique pour la mission B. Une heure et demie de travail solo.

19h, fin de journée. Je bloque mes soirées pour ma vie perso. Une mission qui m’oblige à travailler tard est une mission mal cadrée. Je préfère monter le tarif que sacrifier mes week-ends.

Jour 2 : mardi, journée plus calme

9h, mission C : diagnostic court. Je passe la matinée à analyser les données d’un client pour qui je fais un diagnostic de cinq jours. C’est mon livrable principal aujourd’hui : produire un rapport de quinze pages qui leur servira de feuille de route, qu’ils signent avec nous ou pas.

L’analyse révèle quelque chose d’inattendu. La direction pensait que son problème était technique, mais en regardant les flux de données, je vois clairement que le vrai problème est organisationnel : les équipes métier ne se parlent pas, et la tech ne fait que refléter cette désorganisation. Je note ça pour le rapport, en sachant que la direction n’aura peut-être pas envie de l’entendre.

13h, déjeuner avec un confrère. Un autre CTO externalisé qui fait le même métier dans une autre niche. On se voit régulièrement pour échanger sur les missions, les pièges, les bonnes pratiques. C’est probablement l’investissement de temps qui me rapporte le plus indirectement : on s’échange des prospects et on s’enseigne mutuellement des choses qu’on n’aurait pas vues seuls.

15h, mission A à distance. Visio d’une heure avec l’équipe data du client pour valider une approche technique sur un sous-projet. Je leur demande pourquoi ils ont choisi cette stack, ils me l’expliquent, je les pousse à challenger leur hypothèse. On change l’approche, on gagne probablement deux semaines.

17h, rédaction commerciale. Je travaille sur une proposition commerciale pour une mission de Pôle IA externalisé. Pas un copier-coller : chaque proposition est calibrée pour le contexte spécifique du client. Une heure trente d’écriture, puis envoi.

Jour 3 : mercredi, journée terrain

8h, train pour la province. Je vais sur site chez un client à deux heures de Paris, sur lequel je fais une mission Pôle IA. La direction veut me voir physiquement parce qu’on aborde un sujet sensible : la suppression d’un poste interne suite à l’automatisation qu’on a mise en place.

10h, réunion sponsor. Une heure avec la directrice générale pour cadrer comment on annonce le changement à l’équipe concernée. Je propose une approche, on l’ajuste. Ce n’est pas le rôle qu’on imagine d’un CTO externalisé, mais c’est pourtant essentiel : un projet IA réussi génère des effets RH, et un dirigeant a besoin d’être conseillé sur la manière de les gérer.

14h, présentation à l’équipe. Trois heures avec l’équipe métier pour expliquer ce qu’on a mis en place, à quoi ça sert, ce qui change pour eux concrètement. Je fais ça en présentiel parce que ça se passe mal en visio. Les questions sont parfois agressives, je les écoute toutes et je réponds franchement. À la fin, l’équipe est plus apaisée qu’au début. C’est rarement le cas dès la première séance.

18h, train du retour. Je relis mes notes, je commence un compte-rendu, et je m’autorise une bière au wagon-bar. Ce métier a aussi ses petites compensations.

Ce que ces trois jours révèlent

Aucun moment où j’ai écrit du code. Beaucoup d’arbitrages techniques, beaucoup de communication, beaucoup de pilotage. C’est ce que vous achetez quand vous signez avec un CTO externalisé : un sénior qui peut absorber la complexité tech et la traduire en décisions business actionnables.

Si vous voulez quelqu’un qui code, ce n’est pas le bon format. Si vous voulez quelqu’un qui structure et qui décide pendant que vos équipes ou vos prestataires construisent, c’est exactement ça.

Pour aller plus loin

Lire qu’est-ce qu’un CTO externalisé en 2026, et à qui ça sert vraiment, trois signaux qu’il est temps de faire entrer un CTO externalisé, et combien ça coûte. Et si vous voulez qu’on regarde votre cas concret, vingt minutes suffisent.

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